22 et 23 juin 1991 : 59èmes 24 Heures du Mans
Des stands tout neufs !
Mazda offre au Japon sa première victoire mancelle.
Une nouvelle réglementation, dans la douleur.
Cette année, l’évolution apportée au circuit et à ses abords saute aux yeux des spectateurs : Les stands construits après la catastrophe de 1955 ont cédé la place à un complexe flambant neuf. Les concurrents disposent désormais d’un écrin plus digne de l’élite de l’endurance mondiale, spacieux et fonctionnel. Et la direction de course domine le tout depuis sa tour de contrôle de verre et d’acier.
Seul hic, on n’a prévu que 46 stands. Mais cela restera sans conséquence, seuls 38 concurrents ayant postulé cette année, on est bien loin du traditionnel effectif de 55.
Pourquoi cette désaffection ? La faute à un nouveau règlement, qui impose dans le cadre du championnat une motorisation de 3,5 L, et douze cylindres maximum. Peu de concurrents sont prêts pour cette “Catégorie 1”, en conséquence les organisateurs ont admis au départ en “Catégorie 2” des voitures conformes à l’ancienne réglementation. Le plateau est du coup un peu moins squelettique.
Peugeot arrive !
Le constructeur français joue la carte de la “Catégorie 1”, en amenant deux 905 dont la ligne donne un coup de vieux à la concurrence. Leur V10 atmo respecte la cylindrée de 3,5 L. Jean Todt dirige l’équipe.
D’autres concurrents préfèrent entretenir l’ambiguïté.
Jaguar engage deux toutes nouvelles XJR 14, à moteur V8 3,5 L. Mais les mieux adaptées au marathon des 24 Heures restent les trois XJR 12 inscrites en “Catégorie 2”, avec leur bon gros V12 7,5 L.
Sauber-Mercedes, cohérent dans ses décisions, revient au Mans puisque la course a regagné le giron du championnat. L’appui de la marque est toujours aussi évident, jusque dans la livrée “Flèche d’argent” vierge de tout sponsor. La n°2 est une C 291 conforme à la “Catégorie 1” avec son V12 3,5 L. Mais elle est seule, alors que trois C 11 à moteur V8 biturbo de 8,5 L concourent en “Catégorie 2”.
Porsche doit aussi se cantonner en “Catégorie 2”, où quinze 962 clientes feront de leur mieux. Elles sont cependant bien délaissées par l’usine, bridées par la réglementation et commencent à accuser le poids des ans.
Face à ces poids lourds, qui se soucie des trois Mazda 787 et 787 B inscrites en “Catégorie 2” avec leur moteur quadrirotor 4,7 L ? Les mélomanes ?.. Pourtant, l’avenir leur donnera raison.
Bizarre, bizarre …
Pas vraiment facile à suivre, la nouvelle réglementation … Indépendamment des temps réalisés aux essais, les dix premières places sur la grille sont réservées aux “Catégorie 1”. On a donc une première ligne entièrement Peugeot, alors que la Sauber C 11 n°1, qui a réalisé le meilleur temps en 3′31″270, est reléguée sur la sixième ligne (La meilleure 905 n’est créditée que de 3′35″058).
Jaguar et Sauber ont par ailleurs mis bas le masque, ni les deux XJR 14, ni la C 291 ne prendront le départ.
Comme on pouvait s’y attendre, les 905 caracolent en tête en début de course. Mais des ennuis de jeunesse limiteront vite leurs ambitions, et dès la septième heure l’aventure sera terminée.
Place donc aux valeurs sûres, et cette année les Jaguar ne font pas le poids face aux Sauber. La n°31 mène d’abord, pilotée par Karl Wendlinger, Fritz Kreutzpointner et le jeune espoir Michael Schumacher ! Puis vient le tour de la n°1 de Jean-Louis Schlesser – Alain Ferté – Jochen Mass, qui s’installe au commandement jusqu’au dimanche 13 heures. Mais elle est talonnée par un adversaire pressant. Une Jaguar ? Non, la Mazda n°55 de Bertrand Gachot – Volker Weidler – Johnny Herbert qui poursuit une course idéale, alors que les Sauber ne sont pas exemptes de soucis de fiabilité.
Et tout bascule lorsqu’une surchauffe terrasse la Sauber de tête. La japonaise prend alors définitivement la tête de l’épreuve. Elle l’emporte devant trois Jaguar en formation.
Epuisé, Johnny Herbert ne se présentera pas sur l’estrade des vainqueurs. Il aura toutefois inscrit son nom au palmarès de l’épreuve dès sa seconde participation.
Texte : Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre et Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1991, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. ACLA
1 commentaire pour "Le Mans 1991"
et superbe année et tres bien racontée ,image toujour aussi superbe ,et toujours en service année de l achat de ma mazda 323f cose a efait vas savoir
et tant qu elle m enmene au 24h tous les ans
A vous !
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