18 et 19 juin 1966 : 34èmes 24 Heures du Mans
Le rêve américain s’est réalisé … presque trop facilement : Ferrari a été balayé.
es fusées françaises sur la piste ?
Il faut dire que Ford n’a pas fait les choses à moitié, en engageant 8 Mk II à moteur V8 de 7 L de cylindrée. En face, Ferrari n’aligne “que” 3 spyder 330 P3. Sous une carrosserie sublime, ces prototypes abritent le premier V12 à injection de la marque. Ils sont épaulés par 4 365 P2 engagées par des écuries clientes.
Autre attraction américaine au départ, le Chaparral 2D à transmission automatique, qui arrive auréolée de ses nombreux succès aux Etats-Unis.
Et une nouvelle marque française est présente dans la Sarthe : Matra. Son nouveau directeur, Jean-Luc Lagardère, a décidé de la diversifier bien au-delà des missiles, la première étape étant le rachat des automobiles René Bonnet. L’objectif déclaré est de triompher en Formule 1 et au Mans, rien de moins.
Les débuts seront toutefois modestes. Les MS 620 arborent une coque sans grande élégance, contrainte de rappeler la carrosserie de la Matra 530 de production. Leur moteur BRM 2 L est à la peine pour animer cet ensemble lourd et peu agile. Mais le public apprécie. La France viserait-elle enfin plus haut que le classement au rendement énergétique ? Cela ne s’était pas vu depuis les Talbot des années 40 …
Ford espérait un “doublé” parfait, il devra se contenter d’un triplé.
Les Ford vont dominer la course, sans toutefois écraser la concurrence. L’armada des Mk II abandonnera parfois le commandement à Ferrari, qui supporte la comparaison en termes de performance, mais en flirtant sans cesse avec la limite. Pedro Rodriguez et Richie Ginther, les lièvres de Ferrari, prendront épisodiquement la tête sur leur 330 P3 n°27, Mike Parkes et Ludovico Scarfiotti amenant même la Ferrari n°20 en seconde position. Mais après ce baroud d’honneur, les Ferrari trop sollicitées cèderont l’une après l’autre, sur accident ou problème mécanique. Après 17 heures de course, il n’y aura plus aucune Ferrari prototype en piste.
La Chaparral a rapidement renoncé sans avoir jamais convaincu, et les 3 Matra ont disparu elles aussi. Finalement, seul Porsche n’a pas démérité.
A l’arrivée, Ford souhaite marquer les esprits en réalisant une victoire ex-aequo. Les deux Mk II de tête, la n°1 de Ken Miles et Denny Hulme, et la n°2 de Bruce McLaren et Chris Amon, ont couvert exactement le même nombre de tours. Elles franchissent la ligne d’arrivée côte à côte.
Mais les organisateurs ne se prêteront pas au jeu. Auteur d’un moins bon temps aux essais, la n°2 est donc partie d’un peu plus loin sur la ligne de départ. De ce fait, elle a couvert une distance légèrement supérieure à sa rivale n°1, elle a donc gagné. CQFD !
Voilà comment Chris Amon, pilote souvent accablé par le “chat noir”, remporte ses 24 Heures grâce à un petit coup de pouce du destin.
Ford enfin, Ferrari encore, Porsche toujours.
Derrière les 3 Ford Mk II arrivées en tête, on ne trouve pas les Ferrari attendues, mais les désormais inamovibles Porsche 906, dont 4 exemplaires sont regroupés du 4ème au 7ème rang. La présence de la marque allemande aux avant-postes se confirme.
Maigre consolation, la première Ferrari est la 275 GTB n°29 de Piers Courage et Roy Pike, classé 8ème et victorieuse en catégorie GT.
Alpine reprend la main sur l’indice au rendement énergétique, avec l’A 210 n°44 de Jacques Cheinisse et Roger de Lageneste.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Ferrari au Mans, F.Hurel, Ed. Le Mans Racing
Les 24 Heures du Mans 1949-1973, C.Moity, Ed. Edita Lausanne
La saga Matra 1965-1982, José Rosinski, Ed. ETAI
4 commentaires pour "Le Mans 1966"
alors la superbe photo..ca manquais de voir des photos inedites ..bravo pour cette excellente idee.photos superbes , et ambiance unique du mans ..je sens qu’on va se regaler sur se site
En 1966, j’avais 12 ans, et je pense que c’est cette année là que j’ai attrapé le “virus” du Mans.Je n’ai vu les 24 Heurs que par de courts reportages á la télé.J’ai revé sur des images dans les mensuels auto.Lorsque j’ai vu le film “Le Mans” ,dans la procédure du départ, mon coeur faisait plus de bruit que celui de la bande-son!
Je suis enfin venu sur place à partir de 1997,j’ai été un peu choqué par le son et l’allure des PANOZ ! Je découvre aujourd’hui votre site qui me permet de découvrir l’ambiance de ces années.
Bravo et merci, je vais suivre avec attention l’évolution du site.
merci et bravo pour les photos inédites et de voitures moins connues ! je me régale !
j’aimerais ou trouver une grille de départ en 1/43 miniatures ou en photos des années 1966-67-68-69 des 24h du Mans ou doit je m’adrésse.
Cordialement
Dubernet didier
A vous !
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