10 et 11 juin 1967 : 35èmes 24 Heures du Mans
Malgré le sursaut de Ferrari, Ford confirme. Porsche aussi.
Matra apprend dans la douleur.
De plus en plus gros, de plus en plus puissant :
Ford engage 4 nouvelles Mk IV, à la carrosserie impressionnante. Elles sont appuyées par 4 Mk IIB et 2 GT 40.
Pour leur donner la réplique, Ferrari a amené 4 nouvelles 330 P4, 3 berlinettes à carrosserie fermée et un spyder. On croyait impossible de réussir plus belle carrosserie que celle des P3 ? Ferrari y est parvenu, avec une ligne sublime soigneusement étudiée en soufflerie. Leur moteur V12 désormais porteur développe 450 ch.
La marque italienne aligne également 3 412 P à carrosserie fermée, et une 365 P2, l’increvable “éléphant blanc” qui n’en finit pas de limer la piste du Mans.
Les Chaparral se sentent pousser des … ailerons. Les deux modèles 2F, toujours à transmission automatique, arborent un énorme volet mobile au-dessus de leur train arrière.
Matra poursuit son effort avec 2 tout nouveaux modèles 630. Evolution de la 620 de 1966, elles conservent le V8 BRM amélioré et sont nettement plus fines et légères.
Cette voiture s’est avérée terriblement instable à ses débuts. Lors des essais préliminaires d’avril, le grand espoir français Robby Weber s’est tué en l’essayant.
Dès les premières heures, la situation est claire.
Ford domine, sans les écraser, des Ferrari légèrement moins performantes. Le reste de la concurrence est laminé, inexistant.
Pourtant, au cours de la nuit, une collision en chaîne près du Tertre Rouge élimine 3 Ford. Les Mk IIB n° 5 de Gardner – Mc Cluskey, et n° 6 de Schlesser – Ligier, ainsi que la Mk IV n° 3 de Andretti – Bianchi, alors en seconde position.
Cela ne suffira pas à faire basculer l’issue de la course.
La Ford Mk IV n° 1 de Dan Gurney et A.J. Foyt l’emporte, après avoir joué le lièvre durant toute la course. On trouve derrière elle les 2 Ferrari P4 rescapées : Ludovico Scarfiotti – Mike Parkes sur le n° 21 à 4 tours, et Willy Mairesse – “Beurlys” sur la n° 24 à 11 tours.
C’est devenu une habitude, 4 Porsche s’échelonnent du 5ème au 8ème rang. La n° 41 de Siffert – Herrmann, une 2 L, ne rend qu’un tour à la Mk IV de McLaren – Donohue, avec ses 7 L de cylindrée. Pas mal !
En 3′23″6, soit 238 km/h, le record du tour a été amélioré de 7″. Effarés, les organisateurs annoncent des mesures pour juguler cette dérive. Rendez-vous en 1968 pour juger de leur efficacité …
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Ferrari au Mans 1961-1967, F.Hurel, Ed. Le Mans Racing
Les 24 Heures du Mans 1949-1973, C.Moity, Ed. Edita Lausanne
Les 24 Heures du Mans 1923-1982, C.Moity / J.M. Teissèdre / D.Braillon / P.Moity, Ed. Publi-Inter
La saga Matra 1965-1982, José Rosinski, Ed. ETAI
8 commentaires pour "Le Mans 1967"
J’avais juste deux ans à cette époque….. c’est vraiment génial de pouvoir se plonger dans ces années , et découvrir des photos d’un autre temps.
Ils se dégage de ces photos une “aura” , et un charme sans équivalence.
Bravo et vivement les années suivante ………
spitoo
Déjà, à cette époque, le record du tour préoccupe les organisateurs ! Il faut dire que 238 km/h de moyenne, en 1967, ce n’est pas rien.
La galerie est complete ou tu en gardes sous le pied ?
C’est tout ce que ce qu’il y a pour 1967, de grosses années en nombre de photos arrivent bientôt!
Ok !
Je suis impatient de voir ça car les années 70 ont été une belle période pour les 24 heures. Les évolutions techniques arrivées à cette époque ont été souvent majeures et l’aerodynamisme commençait réellement à donner des résultats.
Une belle retrospective à venir donc
Je ne pense pas que la sublime P4 par ses formes pulpeuses ait été soigneusement étudiée en soufflerie. C’est même son défaut de ne pas avoir eu une aérodynamique “scientifique” par rapport à la Ford Mk IV. Après avoir soigneusement étudié chassis et surtout moteur,les éléments de carrosserie étaient laissés aux talents de l’atelier concerné. Ferrari a probablement perdu la “course du siècle” sur ce point face à Ford qui ne l’avait pas négligé.Si les 2 voitures s’étaient affrontées au Nurburgring, le résultat aurait été inversé, mais pas sur les Hunaudières!!
Dans son ouvrage « Ferrari au Mans, 1961-1967 », François Hurel écrit :
« … [la P4 diffère de la P3 par] quelques détails qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne sont pas le fruit d’une recherche esthétique, mais d’un passage dans la soufflerie échelle 1/1 de l’Université Polytechnique de Stuttgart, bien connue de Porsche. Cette recherche va transformer le beau en sublime »
Peut-être l’étude en soufflerie n’a-t-elle pas été « soigneuse », mais elle a été, je ne voulais pas dire autre chose. Je me suis sans doute exprimé en amoureux de la P4, en négligeant la nécessaire rigueur.
En effet, comme beaucoup, nous sommes sous le charme de cette voiture.Ce qu’écrit F. Hurel n’est pas contestable; mais le résultat n’est pas au rendez-vous: sans doute quelques heures d’essais pour quelques détails par rapport à la P3. La Porsche 907 de la même année a du passer plusieurs jours par la même soufflerie pour une bien meilleure efficacité (longue queue notamment), mais n’a pas du tout le même charme.
bravo pour vos photos !!!
Petites phrases de Franco Lini.
« La Ferrari P4, c’est 4litres de sérieux et d’expérience, nés et poussés au maximum pour la compétition.
Je pense qu’elle peut rouler pendant trois jours…..C’est aussi la machine la plus équilibrée de toutes.
Nous allons encore empêcher M Henry Ford de dormir. »
A vous !
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