9 et 10 juin 1973 : 41èmes 24 Heures du Mans
Cinquantenaire de l’épreuve … C’est en 1923 que Lagache et Léonard ont amené leur Chenard & Walcker à la victoire.
Cette fois face à Ferrari, Matra persiste. Victoire 100% française !
Cette année, Ferrari revient affronter Matra.
Ni le tracé du circuit, ni la réglementation n’ont évolué depuis l’édition précédente.
Grâce à un nouveau concurrent français, des moteurs Maserati chantent à nouveau sur la piste mancelle : Les Ligier JS2 sont en effet propulsés par la marque italienne.
Mais elles ne nourrissent pas d’ambitions pour la victoire. Pas plus que les nouvelles Mirage Gulf à moteur V8 Cosworth, dérivé du bloc qui domine alors la formule 1.
Matra reste favori, avec 3 modèles 670 B, épaulés par une 670 type 1972. Mais pas de couac comme l’an dernier, cette fois Ferrari relève le gant avec 3 barquettes 312 PB à carrosserie longue.
Et ces deux marques assureront à elles seules un spectacle somptueux, la lutte sera serrée au fil d’une course haletante.
D’entrée, Ferrari frappe fort.
Durant les 2 premières heures de course, la 312 PB n° 16 de Arturo Merzario – Carlos Pace mène la danse. Puis les Matra reprennent le flambeau. Mais les écarts restent minimes, et les équipages de pointe s’échangent la tête de la course.
A la mi-course, ce duel acharné a déjà provoqué des dégâts. Sur les 4 Matra au départ, une 670 B et la 670 ont disparu. Côté Ferrari, une 312 PB a renoncé. Les deux prétendants se retrouvent à égalité numérique, deux contre deux.
Un final indécis jusqu’au bout.
En fin de matinée le dimanche, la Matra n° 11 de Henri Pescarolo – Gérard Larrousse est au commandement, son début de course laborieux n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais la Ferrari n° 15 de Jacky Ickx – Brian Redman, déchaînés après un départ prudent, la talonne.
Des ennuis mécaniques stoppent simultanément les deux concurrents, mais si la Matra pourra repartir vers la victoire, le Ferrari abandonnera à 14h30.
On ne voit que du bleu !
Ce sont donc deux pilotes français qui s’imposent, sur une voiture française propulsée par un moteur français. La Ferrari 312 PB de Merzario – Pace, seule rescapée de la Scuderia, pointe seconde à 6 tours, et la Matra n° 12 des deux Jean-Pierre, Jabouille et Jaussaud, complète le tiercé de tête.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1923-1982, C.Moity / J.M. Teissèdre / D.Braillon / P.Moity, Ed. Publi-Inter
La saga Matra 1965-1982, José Rosinski, Ed. ETAI
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