15 et 16 juin 1974 : 42èmes 24 Heures du Mans
Matra, Pescarolo : la passe de trois !
Un murmure de turbo …
Matra, encore favori.
Auréolé de ses deux victoires, le constructeur français s’impose comme favori logique. Ferrari n’est plus là, et les Alfa Romeo 33 TT12, si véloces lors des essais préliminaires, ont déclaré forfait au dernier moment. Sans doute au vu de leurs médiocres résultats en championnat.
Qui peut dès lors entraver la marche des bleues ? On dénombre au départ 3 modèles 670 B, type 1973, et une toute nouvelle 680 B. Evolution allégée et affinée de la 670, cette débutante ne tiendra hélas pas ses promesses.
Face à elles, les 2 Gulf-Mirage poursuivent leur apprentissage et ne semblent pas bien inquiétantes. Pas plus que les Ligier JS2.
Que penser par contre des 2 insolites Porsche Turbo RSR, aux allures de 911 body-buildées ? Dérivées de la Carrera brillante l’an passé, le constructeur allemand y a installé un moteur 2,2 L turbo-compressé. Ce Flat-6 a un drôle de bruit étouffé, peu mélodieux. Qui croirait, à la veille de la course, qu’il annonce une révolution imminente ?
… Et rien, ou presque, ne fonctionne comme prévu.
Les Mirage sont très vite hors du coup pour la victoire, et pourtant la sérénité n’est pas de mise chez Matra, où les pépins s’accumulent.
Saugrenus, comme lorsqu’un Jean-Pierre Jarier chaud bouillant quitte les stands au volant de la 680 … et accroche un autre concurrent sur la piste de décélération.
Ou gravissimes, lorsqu’à minuit 2 barquettes sur 4 manquent à l’appel. La 680 n° 6 des deux Jean-Pierre, Jarier et Beltoise, bien remontée après son “refus de priorité” renonce sur casse de moteur. Simultanément ou presque, le même mal terrasse la n° 8 de Bob Wollek – Jean-Pierre Jaussaud – José Dolhem qui était alors seconde. Pour comble de malheur la n° 9 de Jean-Pierre Jabouille – François Migault, ralentie par des problèmes de surchauffe, est trop distancée pour espérer s’imposer.
Il reste heureusement la n° 7 de Henri Pescarolo – Gérard Larrousse, qui mène la course.
Elle est poursuivie par la Porsche Turbo n° 22 de Gjis Van Lennep – Herbert Muller, que personne n’attendait à pareille fête.
Pescarolo surmonte les embûches !
Dimanche à 10h45, coup de théâtre, la Matra de tête s’immobilise sur les Hunaudières, en délicatesse avec sa boîte de vitesses. De quoi faire regretter à Matra de n’avoir pas utilisé la boîte longuement testée sur la 670 C, et réputée plus robuste que la classique Hewland. Une boîte de marque … Porsche.
Mais au volant ou au bord de la piste, Henri Pescarolo ne renonce jamais. Et il ramène sa voiture au stand. Elle y demeurera 45 minutes, avant de repartir à 3 minutes devant la Porsche Turbo.
Heureusement, celle-ci est assez mal en point elle aussi, et les positions resteront en l’état jusqu’à l’arrivée, où Pescarolo et Larrousse remportent leur second succès consécutif, le troisième pour Henri.
Derrière la Porsche, Jabouille – Migault ont pu remonter leur Matra n° 9 en troisième position.
Le chant des sirènes.
Après ce triple succès, le chant du V12 Matra ne retentira plus au Mans. Les moteurs Turbo si peu mélodieux annoncent une période de vaches maigres pour les oreilles mélomanes.
Quoique … une débutante venue du Japon peut leur redonner espoir, malgré ses résultats modestes (Arrivée mais non classée). La Sigma n° 25 était propulsée par un moteur Mazda à pistons rotatifs. Et ce bi-rotor chante presque aussi juste que le regretté V12 Matra !
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1923-1982, C.Moity / J.M. Teissèdre / D.Braillon / P.Moity, Ed. Publi-Inter
La saga Matra 1965-1982, José Rosinski, Ed. ETAI
2 commentaires pour "Le Mans 1974"
C’est à partir de cette année là, que l’envie de faire des photos de sport auto à germée………. j’avais alors 9 ans et pas la moindre idée de savoir comment m’y prendre !
Le Mans devenait comme quelque chose d’évident pour moi, une destination future inévitable !
Merci de faire resurgir ses souvenirs !
Ces travaux qui n’ont pas eu lieu….
Source : sport auto juillet 1972, rubrique POTINS
« C’est pour l’édition 1974 des 24heures que sera terminé le nouveau tracé complet du circuit du mans, comportant entre autres une nouvelle ligne droite doublant la route de tours, rendue ainsi en permanence à son affectation normale.
Il sera possible de fermer le circuit très aisément, la seule partie de route ouverte à la circulation étant un petit tronçon vers arnage.
A vous !
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