12 et 13 juin 1976 : 44èmes 24 Heures du Mans
Une année chaude, très chaude … sur la piste aussi.
Nouvelle réglementation, nouveaux concurrents. Et Porsche, bien sûr …
1976 voit un bouleversement des catégories.
Au sommet de la hiérarchie, le “Groupe 6” admet les voitures de course biplaces, à moteur 3 L maximum (ou 5 L pour un bloc dérivé de la série). Le “Groupe 5” concerne les GT “Production spéciale”, des machines de course déguisées. Le “Groupe 4” est réservé aux GT. On trouve sous la dénomination “GTX” les GT dites “de production”. Et l’A.C.O. a défini un groupe particulier, qu’il aimerait voir préfigurer l’avenir du Mans : les “GTP” ou “GT Prototype”.
Enfin, amorce d’un rapprochement France – Etats-Unis, les catégories américaines IMSA et NASCAR sont admises au départ. La Corvette de John Greenwood était certes magnifique, mais cette participation d’outre-atlantique sera essentiellement folklorique …
Porsche en nombre, et le retour des français.
Une fois de plus, l’ossature du plateau est constituée de représentantes de la marque allemande, 26 au total. L’équipe “Martini” officielle amène des barquettes 936 en Groupe 6, et des conduites intérieures 935 en Groupe 5, toutes à motorisation Turbo : 2,2 L pour les premières, 3 L pour les secondes.
Côté français, le public a les yeux de Chimène pour un petit artisan manceau : Jean Rondeau. Après avoir figuré trois fois au départ en tant que pilote, il fait son entrée parmi les constructeurs. Toutefois, ce n’est pas sous son nom, mais sous celui d’Inaltera. Ce fabricant de papiers peints a choisi les 24 Heures pour se faire connaître, et a commandité la fabrication de 2 GTP.
Autre retour aux affaires, Renault engage par le biais d’Alpine 2 barquettes A442. Motorisées par un 2 L turbo, elles réaliseront le meilleur temps, tant aux essais qu’en course. Mais il est encore un peu tôt pour que ces français succèdent au palmarès à Matra.
Une formalité pour Porsche ? Pas vraiment …
Véloces mais peu fiables, les Alpine ne tiendront pas la distance. Et les Mirage étaient un ton en-dessous. Jacky Ickx et Gjis Van Lennep mèneront leur 936 n° 20 au succès, sans avoir rencontré la moindre opposition.
Mais la voiture sœur a abandonné sur casse moteur. Et du coup, pas question de doublé, la suite du classement est éclectique, voire surprenante.
Seconds sur la Mirage GR8 n° 10, Jean-Louis Lafosse et François Migault n’ont pu profiter des doutes de Porsche en fin de course.
Inattendus troisièmes sur la De Cadenet-Lola n° 12, Alain De Cadenet et Chris Craft ont réussi un final tonitruant. Ils prouvent que contre toute attente, des “amateurs” ont toujours leur mot à dire au Mans, pour peu que la chance leur adresse un clin d’œil.
Quatrième et victorieuse en Gr.5, on trouve la Porsche 935 n° 40 de Rolf Stommelen et Manfred Schurti.
Les turbo sont bel et bien là. Porsche a vu juste, et s’il en fallait une autre preuve : Renault s’empresse de marcher sur ses traces.
Le français André Haller trouvera hélas la mort en course, lorsque sa Datsun n° 73 quittera la piste au niveau de la courbe les Hunaudières.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1923-1982, C.Moity / J.M. Teissèdre / D.Braillon / P.Moity, Ed. Publi-Inter
3 commentaires pour "Le Mans 1976"
Il y a vraiment eu des voitures exotiques au Mans comme cette Ford Torino … Et c’était la mode des filets de protection latéraux.
Imposés par le règlement ?
Dans les réglements américains de l’IMSA et de la Nascar, ces filets de protection étaient surement obligatoires.
Je cherche des Photo de ma Voiture. La Lancia Stratos qui a couru au Mans en 1976 et 1977.
Merci Thomas thomas@popper.ch
A vous !
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