10 et 11 juin 1978 : 46èmes 24 Heures du Mans
Renault devant Porsche.
Jean Rondeau devient constructeur-pilote.
Renault s’est donné les moyens de gagner.
Le constructeur français amène une barquette A443, une A442B et deux A442A. Il a mené de longs essais pour renforcer moteurs et boîtes de vitesses. Pour les nouveaux modèles, la A443 dispose d’un empattement plus long que la A442B, et d’un V6 de 2,1 L contre 2 L pour les autres modèles. On relève aussi diverses particularités aérodynamiques, notamment une “bulle” couvrant le poste de pilotage, que seuls Pironi et Jaussaud conserveront pour la course.
Conscient du danger, Porsche engage trois 936 dont le flat-6 2 L turbo est désormais refroidi par eau. Adieu à la célèbre soufflante …
Face à ces deux équipes, Mirage ne peut guère entretenir d’illusions.
D’autant qu’une armada de 935 vient grossir l’effectif allemand, avec en pointe la “Martini” officielle n°43, sa carrosserie impressionnante lui a valu le surnom de “Moby Dick”.
Aux côtés de l’ogre Renault, on trouve d’autres équipes françaises aux moyens plus modestes, principalement en catégorie GTP. Le fabricant de papiers peints Inaltera s’est retiré, et pour poursuivre l’aventure, Jean Rondeau appose désormais son nom sur ses voitures. Etroitement dérivée de l’Inaltera, la n°72 est désormais une Rondeau.
Dans ce même groupe, WM aligne cette année 3 voitures à moteur V6 Peugeot : un modèle 1976, un 1977 et un 1978. Aérodynamiques et rapides, il ne leur manque que la fiabilité …
Ickx commence mal, très mal …
Sitôt le départ donné, les Alpine s’envolent. En un tour, la A443 de Jabouille colle … 11 secondes à la 936 du pilote belge. Et dès le second passage, coup de théâtre, Ickx rentre à son stand, laissant la formation Alpine caracoler loin devant. Trois de ses représentantes sont solidement installées au commandement, et les Porsche accablées d’ennuis techniques ne semblent guère en mesure de les inquiéter.
Vers 22h, Porsche échange Jacky Ickx et Jochen Mass. Le Belge quitte la 936 n°5 qu’il partageait avec Henri Pescarolo, et rejoint Bob Wollek et Jurgen Barth sur la n°6. Il semble écrit que Pesca et Ickx ne termineront pas les 24 heures ensemble … Mais cette année, le “truc” ne fonctionnera pas aussi bien qu’en 1977. La Porsche n°6 va perturber la sérénité du clan Alpine, mais ces derniers conserveront l’avantage.
Pourtant Dimanche matin vers 10h, coup de théâtre : alors confortables leaders sur l’Alpine n°1, Jean-Pierre Jabouille – Patrick Depailler abandonnent sur casse moteur. Didier Pironi – Jean-Pierre Jaussaud reprennent le flambeau sur la n°2. Et Jochen Mass “renvoie l’ascenseur” en sortant la Porsche n°5 dans les virages Porsche.
Auteurs d’une fin de course à la cravache, Ickx – Wollek – Barth reprennent la seconde position à leurs équipiers Hurley Haywood – Peter Gregg – Reinhold Joest sur la n°7. Mais ils ne parviendront pas à rattraper l’Alpine, qui triomphe enfin au Mans.
L’Alpine A442 n°4 de Jean Ragnotti – Guy Fréquelin – José Dolhem termine 4ème, la Rondeau n°72 de Jean Rondeau – Bernard Darniche – Jacky Haran remporte la catégorie GTP.
Et la “baleine blanche” de Rolf Stommelen – Manfred Schurti termine lointaine 8ème, distancée par trois 935 privées.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1978, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. Publi-Inter – Edita Lausanne.
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