9 et 10 juin 1979 : 47èmes 24 Heures du Mans
Débâcle des protos, une Gr.5 s’impose sous le déluge.
Septième tracé différent pour le circuit.
Jacky Ickx à la recherche d’une courroie.
Renault ne remet pas son titre en jeu.
Renault ayant décidé de ne pas revenir au Mans, Porsche envisage de ne pas engager d’équipe officielle non plus. Mais David Thieme parvient à convaincre les responsables allemands, qui inscrivent au dernier moment deux 936 aux couleurs d’Essex.
Elles trouveront sur leur route deux Mirage devenues Ford, après avoir troqué leur V6 Renault contre un V8 Cosworth. Elles ont hélas pris pas mal de poids, au contraire des trois Rondeau M379, équipées du même moteur.
Avec un nouveau dessin du virage du Tertre Rouge, lié à l’ouverture de la rocade sud du Mans, le circuit développe désormais 13,626 km : C’est le 7ème tracé pour la piste mancelle. Par ailleurs, le revêtement de la ligne droite des Hunaudières a été refait.
Enfin, le cinéma revient aux Vingt-quatre Heures, en la personne de Paul Newman. L’acteur pilotera la Porsche 935 flambant neuve de Dick Barbour, qui porte le n° 70.
Tout se ligue contre les Gr.6, même la météo …
Après le départ donné exceptionnellement à 14h, les Porsche prennent l’ascendant sur les Ford. Mais très vite une des ennuis en tout genre vont accabler les favoris. Tant et si bien qu’après quatre heures de course, on pointe en tête la Ford n°11 de Derek Bell – David Hobbs, les autres protos étant relégués dans les profondeurs du classement.
Et à sept heures du départ, le Gr.6 a été littéralement décimé, ce sont quatre 935 qui mènent au scratch, trois Gr.5 devant une IMSA. La 935 K3 n°41 du Kremer Racing, confiée à Don Whittington – Bill Whittington – Klaus Ludwig et la n°36 du Gelo Racing, aux mains de Hans Heyer – Manfred Schurti se battent à coups de secondes pour le leadership de la course. Et on trouve au quatrième rang la n°70, que Rolf Stommelen et Dick Barbour partagent avec Paul Newman. La vedette mérite pleinement son volant.
Dimanche matin à deux heures, une pluie battante s’abat sur le circuit, elle durera quasiment jusqu’à l’arrivée.
P… de courroies !
La Porsche 936 n°14 de Bob Wollek – Jurgen Barth – Hurley Haywood remontera jusqu’au second rang, mais une casse moteur brisera son élan dimanche matin.
Quant à la voiture sœur n°12, menée par Jacky Ickx – Brian Redman, elle sera … disqualifiée. Stoppé au bord du circuit par la rupture d’une courroie, le champion belge ne disposait pas de la pièce de rechange à bord de sa voiture. Mais il la trouvera dans l’herbe aux pieds d’un mécanicien de son équipe, venu lui apporter ses conseils – ce qui reste au Mans la seule intervention extérieure autorisée. Les officiels refuseront de croire au miracle …
Et sous une météo exécrable, le final sera palpitant jusqu’au bout. Les problèmes de courroie frapperont également le leader. Arrêté à son tour sur les Hunaudières par une rupture de la courroie de pompe à injection, Don Whittington parviendra à se dépanner grâce à la courroie d’alternateur. Il perdra dans l’incident une heure, mais pas la tête de la course.
Un écrou de roue récalcitrant, puis un joint de culasse moribond empêcheront la Porsche Barbour de profiter de l’aubaine, et le public sera déçu de ne pas voir sacrer son idole Paul Newman.
Le podium est complété par la 935 Kremer n°40 de Laurent Ferrier – François Servanin – François Trisconi. La première Gr.6, la Rondeau n°5, n’est que cinquième derrière une Porsche 934 victorieuse en Gr.4.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1979, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. Publi-Inter – Edita Lausanne.
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