15 et 16 juin 1985 : 53èmes 24 Heures du Mans
10ème victoire pour Porsche, qui dépasse Ferrari
Joëst Racing à nouveau, tout en finesse
John Nielsen s’envole …
On prend les mêmes …
La consommation reste au cœur des préoccupations, le nouveau règlement limite l’allocation de carburant à 2210 L pour les Gr.C, et 1430 L pour les C2. Pour s’y conformer, les motoristes recourent de plus en plus massivement à l’électronique.
A commencer par l’inamovible favori Porsche, qui revient cette année avec trois 962 C dotées d’une injection Bosch Motronic évoluée. Les écuries clientes alignent pour leur part huit 956 et deux 962 C, la n°11 du Kremer Racing et la n°19 du Brun Motorsport.
Leurs challengers sont les mêmes que l’an dernier. Lancia engage deux LC2-85 dérivées des modèles 1984, élargis et dotés d’une aérodynamique améliorée. Le moteur, électronique oblige, dispose d’une injection Marelli-Weber profondément retouchée elle aussi.
Jaguar revient également avec les deux XJR 5 du Group 44 déjà vues l’an dernier. Un ambitieux projet “usine” mené par Tom Walkinshaw n’a pu se concrétiser à temps pour la course.
Sans prétention pour l’instant, Toyota inscrit deux LC 85. C’est la première présence officielle au Mans d’un grand constructeur japonais.
Des essais spectaculaires.
Aux essais, les Porsche 962 monopolisent la première ligne de la ligne de départ. Mais les Lancia n’ont pas démérité : aux six premières places on trouve quatre Porsche et les deux italiennes.
Mais l’événement médiatique de ces essais reste l’envol de John Nielsen. Jeudi soir, sa Sauber n°61 décolle à très haute vitesse sur la bosse des Hunaudières, et va s’écraser quelques centaines de mètres plus loin après une impressionnante série de loopings. Le Danois s’en sortira indemne, et les photos de son “exploit” feront le tour du monde. Sa cabriole a été causée par l’affaissement d’un carénage inférieur, et sagement l’équipe décidera de retirer sa voiture.
Lancia, puis Porsche, Porsche, Porsche …
Au départ, Bob Wollek fait parler la poudre, et sa Lancia n°4 va mener … un quart d’heure. A la suite de quoi, les Porsche reprendront définitivement la main. Mais surprise, ce ne sont pas les “Rothmans” officielles qui s’installent au commandement. La n°7 du Joëst Racing s’avère diablement rapide, et elle consomme moins que ses rivales. Ce n’est pourtant qu’une 956, dotée a priori d’un Motronic moins élaboré.
La perplexité règne dans les stands de la concurrence, à commencer par ceux de l’équipe officielle. La raison de cette supériorité résidait vraisemblablement dans un carénage inférieur spécifique, et un rapport de cinquième plus long. Une pointe à 372 km/h lors des essais prouvait l’excellence de ces choix : la “Rothmans” la plus rapide plafonnait en effet à 357 km/h.
Cette domination tuera vite tout suspens, et Klaus Ludwig – Paolo Barilla – “John Winter” ne quitteront plus le commandement après la quatrième heure de course.
Sous le drapeau à damiers, ils précèdent quatre autres Porsche. La première voiture officielle, la n°2 de Derek Bell – Jacky Ickx – Hans Stuck n’est que troisième, derrière la n°14, la “Richard LLoyd” de Jonathan Palmer – James Weaver – Richard LLoyd. Les Lancia, groupées aux sixième et septième rang, sont reléguées à une quinzaine de tours. Trois autres Porsche complètent le top ten. Une fois de plus, la marque allemande a outrageusement dominé la course.
Texte et photos: Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1985, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. ACLA
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