Le Mans 1986

Auteur : FRA le 10 janvier 2009
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31 mai et 1er juin 1986 : 54èmes 24 Heures du Mans

Porsche trouve sur sa route des adversaires officiels ou officieux …
Mais l’équipe d’usine en prend vite la mesure.

Jaguar remplace Lancia, et le Japon avance à petits pas.

Le circuit connaît la huitième évolution de son tracé. Le virage de Mulsanne est modifié afin d’y aménager un rond-point, un tour représente désormais 13,528 km.

Parmi les favoris, l’équipe Porsche entend laver l’affront, et ne pas laisser la victoire pour la troisième fois consécutive à un client, si capé soit-il. Elle aligne pour ce faire trois 962 C, dont l’une (la n°3) est équipée d’une boîte semi-automatique “PDK”. Les ingénieurs n’ont pas jugé ce dispositif suffisamment éprouvé pour le généraliser. Elle engage également en catégorie IMSA GTX un avatar inattendu du modèle 959 qui vient de remporter le Paris-Dakar : La 961 dotée de quatre roues motrices, une grande première aux 24 Heures.

Les clients Porsche sont venus en nombre : ils présentent au départ huit 956 et trois 962 C.

Jaguar est cette année représenté par une écurie tout à fait officielle : Tom Walkinshaw engage trois XJR6 à moteur V12 atmo de 6 L. La conception de ce bloc date un peu, comparativement au flat-6 3,7 L turbo des Porsche, mais les voitures sont légères et performantes.

Par contre, Mercedes n’a pas osé sauter le pas d’une présence officielle, il soutient les deux Kouros-Mercedes engagées par Peter Sauber. Elles sont motorisées par un gros V8 turbo de 7 L.

Le Japon se fait de plus en plus présent, on dénombre en effet trois équipes officielles : Mazda avec deux voitures à moteur trirotor, au son envoûtant ; Toyota et Nissan, avec deux engagements chacun. Ces voitures ne peuvent en aucun cas prétendre à la victoire, mais elles portent les espoirs de toute une nation friande des 24 Heures.

Trois Rondeau sont encore présentes, orphelines de leur créateur. Jean Rondeau a en effet trouvé la mort fin 85, dans un stupide accident de la route, sur un passage à niveau proche du Mans.

Porsche, toujours. Jo Gartner trouve la mort en course.

Les Porsche officielles ont conquis la première ligne de la grille de départ. Mais le début de course leur rappelle de mauvais souvenirs : cette satanée n°7 du Joëst Racing va mener la danse cinq heures durant. Après avoir cédé un peu de terrain, Klaus Ludwig – Paolo Barilla – “John Winter” reviendront caracoler en tête peu avant la mi-course, avant que la mécanique ne brise leur élan.

Vers 3 heures dimanche matin, l’autrichien Jo Gartner est au volant de la Porsche-Kremer 962 C n°10. Il en perd le contrôle au début de la ligne droite des Hunaudières, pour une cause qui demeurera inconnue, et trouve la mort dans la violente sortie de piste qui s’ensuit. En signe de deuil, Kremer retirera sa seconde voiture. La direction de course décidera d’une longue neutralisation de 2 heures 30.

Hormis ce drame, on retiendra de cette édition 1986 un mano a mano entre écuries Porsche. Jaguar a fait bonne figure, sans illusions excessives, même si aucune XJR6 ne figure au classement final. Kouros – et Mercedes – sont passés complètement à côté de la partie : à la sixième heure de course, leurs deux voitures avaient disparu.

Le classement final reflète bien l’hégémonie Porsche. Derek Bell – Hans Stuck – Al Holbert sur la 962 C “Rothmans” n°1 offrent à la marque son onzième succès manceau. Les Porsche “client” se succèdent du troisième au septième rang, et occupent aussi les neuvième et dixième place. Huitième, la Gebhardt n°75 complète un top ten entièrement allemand.

Texte et photos: Alain Jourdainne

Bibliographie :

24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1986, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. ACLA

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5 commentaires pour "Le Mans 1986"

Guillaume (yom23) 10 janvier 2009 (#)

Encore un très joli travail comme toutes les années déjà traitées et bien sur, comme celles encore a venir…. Merci de réveiller de si jolis souvenirs…. Bonne continuation et longue vie à ce site….

rx8 11 janvier 2009 (#)

et oui toujours tres bien avec de belles photos
supers travail continue encore longtemps a nous regaler de ces superbes resumés de la plus belle de toute les courses

kloobik 12 janvier 2009 (#)

A propos de Jo Gartner et du drame des Hunaudières :

Après une carrière réussie en Formule SuperVee, puis en Formule 3 et en Formule 2 en 1980, avec une première victoire en 1983 au Grand Prix de Pau, Jo Gartner passe enfin à la Formule 1, où il participe à huit Grands Prix pour l’écurie Osella, débutant le 6 mai 1984 au Grand Prix de Saint-Marin. Il ne marquera aucun point au Championnat, en dépit de sa 5e place au Grand Prix d’Italie, parce qu’Osella était officiellement inscrit pour le Championnat avec seulement une voiture pour la saison, et Gartner conduisait la deuxième voiture.

Il finira 4e aux 24 heures du Mans 1984 au volant d’une Porsche 962C avec ses co-équipiers David Hobbs et Guy Edwards, finissant sur trois roues. Il remporta, à la surprise générale, les 12 heures de Sebring 1986, avec ses co-équipiers Bob Akin et Hans-Joachim Stuck.

Pendant les 24 heures du Mans 1986, dans la nuit de samedi à dimanche, vers 2h 10 du matin, la Porsche 962C alors conduite par Jo Gartner, suite à une défaillance mécanique, quitta brutalement la piste dans la ligne droite de Mulsanne à plus de 260 km/h et prit feu. Gartner fut tué sur le coup.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jo_Gartner

pesca 33 16 octobre 2009 (#)

je m’ excuse de rectifié , mais le commentaire au dela tres instructif de kloobik comporte une erreur : c’ est en 1985 que jo finiras a la quatrième place

FRA 25 octobre 2009 (#)

Merci Michel,
il y a effectivement une erreur sur la page wikipedia; Merci d’avoir corrigé.

A vous !

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