10 et 11 juin 1989 : 57èmes 24 Heures du Mans
Sauber ou Mercedes ?
Le Japon affirme ses ambitions.
Jaguar remet sa couronne en jeu.
Fort du principe qu’on ne change pas une équipe qui gagne, Tom Walkinshaw aligne quatre Jaguar XJR9‑LM peu modifiées depuis l’an dernier.
L’usine Porsche n’est pas officiellement présente, mais elle apporte un soutien technique et humain important à ses clients de pointe. On dénombre au total dix-sept 962 C engagées par huit équipes.
Mercedes revient, à moins qu’il ne s’agisse de Sauber ?.. Les trois C 9 arborent cette année une livrée gris métallisé, dans la plus pure tradition des “flèches d’argent” d’antan. Le V8 Mercedes dispose désormais de quatre soupapes par cylindre, et même si les voitures sont badgées Sauber, le nom du grand constructeur estompe celui du petit artisan.
Enfin, Nissan affiche de toutes nouvelles ambitions en engageant trois R89 C à châssis Lola, dotées d’une aérodynamique particulièrement élaborée. Leur V8 biturbo de 3,5 L développe 800 CV. Il a été spécifiquement créé pour la compétition, alors que la marque s’en remettait jusqu’à lors à des mécaniques dérivées de la série.
Que d’eau, que d’eau !
La séance d’essais du mercredi est gravement perturbée par un véritable déluge, ce qui fait que contrairement à la tradition, les meilleurs performances seront réalisées jeudi soir.
Pas de couac cette fois pour Sauber-Mercedes, qui monopolise la première ligne, devant une seconde ligne toute Jaguar.
En course, l’incertitude durera jusqu’au dimanche matin …
Durant plusieurs heures, c’est une lutte au couteau entre Porsche, Jaguar et Sauber-Mercedes.
Le seul intrus parmi ces favoris s’appelle Nissan. Jusqu’à une heure du matin, la n°23 de Kasuyoshi Hoshino – Masahiro Hasemi – Toshio Suzuki pointera à un inattendu quatrième rang.
Dans la nuit mancelle, les deux Sauber-Mercedes épargnées par les ennuis sont alors à la poursuite de la Jaguar n°1 de Jan Lammers – Patrick Tambay – Andrew Gilbert-Scott. Il leur faudra attendre 7h du matin pour prendre le commandement, après qu’une fuite d’huile ait terrassé la voiture de tête.
Mauro Baldi – Kenny Acheson – Gianfranco Brancatelli, sur la n°61, ne resteront pas longtemps leaders. Baldi part à la faute sous la passerelle Dunlop, et la voiture-sœur n°63 en embuscade en profite aussitôt. Jochen Mass – Manuel Reuter – Stanley Dickens ne quitteront plus la tête de l’épreuve.
Les dernières heures de course verront trois incendies spectaculaires faire le bonheur des spectateurs, mais le classement en tête n’évoluera pas.
S’il s’agit d’un doublé Mercedes, la marque allemande remporte un second succès manceau après celui de 1952 – on l’associe hélas plus volontiers au drame de 1955 qu’à ses victoires en Sarthe. Si c’est Sauber qui l’emporte, c’est sa première victoire. Le podium est complété par la Porsche Joëst n°9 de Bob Wollek – Hans Stuck. La première Jaguar n’est que quatrième.
Et la première japonaise n’est pas une Nissan – aucune ne ralliera l’arrivée – mais la Mazda n°201, classée septième. La sonorité de son quadrirotor rappelle aux “anciens combattants” le miaulement du V12 Matra.
Texte : Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre et Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1989, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. ACLA
O commentaire pour "Le Mans 1989"
A vous !
Pour ecrire un commentaire, remplissez simplement le formulaire ci-dessous et cliquez sur soumettre. L'administrateur de Lemans-photos.org valide les commentaires avant leur publication.