18 et 19 juin 1994 : 62èmes 24 Heures du Mans
Porsche par procuration.
Fin de la parenthèse 3,5 L atmo.
Après avoir connu le plus grave déficit en concurrents de toute leur histoire, les organisateurs tirent un trait sur l’ancienne réglementation, et définissent quatre catégories propres : LMP1, LMP2, GT1 et GT2. Leur idée est d’égaliser les chances entre les diverses catégories, en jouant sur des brides limitant la quantité d’air admise dans le moteur, la capacité du réservoir, et le poids limite. Jointes à un fond plat limitant la déportance, ces mesures provoquent une notable diminution de la performance sur un tour.
La tendance GT 1994 : Une 962 intérieur cuir.
En LMP1, Toyota est représenté par deux écuries clientes, SARD et Nisso, qui engagent des 94-CV à moteur V8 biturbo de 3,5 L, étroitement dérivées du modèle vu au Mans en 1990.
La catégorie compte également trois Courage C32 LM animées par un flat-6 Porsche biturbo de 3 L, un spyder Kremer K7 doté de la même motorisation – Les frères Kremer signent là leur premier engagement en tant que constructeur à part entière, et une Porsche 962 très modifiée, sans grandes ambitions au classement général.
Mais la surprise vient de deux autres 962, engagées en GT1 sous la marque Dauer. Pourquoi GT1 et pourquoi Dauer ? Pour exploiter sans risque une faille réglementaire. Le préparateur a présenté au Salon de Francfort une évolution routière de la 962, l’usine Porsche a aussitôt saisi l’opportunité de bénéficier, en partant de ce développement, d’un intéressant avantage de puissance par rapport aux LMP1. Sans minimiser l’intérêt routier de la Porsche 962, on a bien affaire à une voiture de course.
Le reste de l’effectif Porsche est constitué de Carrera RSR, nettement mieux à leur place en GT2, mais également hors du coup pour une victoire au général. La morale ne paie pas toujours en compétition.
Enfin, Nissan présente en catégorie GTS (IMSA) deux 300 ZX américaines qui ont triomphé à Daytona puis à Sebring. Réaliser le triplé au Mans serait un authentique exploit.
Encore un rendez-vous manqué pour Toyota et Wollek.
Les essais offrent une première ligne inédite : Alain Ferté sur la Courage n°2, devançant Derek Bell sur la Kremer n°5. Derrière ces deux LMP1, la WR n°21 de Patrick Gonin est la meilleure représentante LMP2. La Dauer n°35 de Hans Stuck étant pour sa part cinquième, les organisateurs ont gagné leur pari de resserrer les performances. Mais la pole signée en 3′51″05 est bien loin des 3′24″94 de l’an dernier.
D’emblée, Dauer et Toyota se disputent le commandement, après un bref intermède où la Courage n°2 a mené. La lutte est serrée, les changements de leader se succèdent, au fil des incidents de course.
A la mi-course, la Toyota-Nisso n°4 de Bob Wollek – George Fouche – Steven Andskar devance la SARD n°1 de Mauro Martini – Jeff Krosnoff – Eddie Irvine. Suivent les deux Dauer, et tout ce joli monde est regroupé en deux tours. La Nissan n°75 est cinquième, légèrement distancée.
Mais Bob Wollek ne vaincra pas encore cette année le “signe indien” qui le poursuit au Mans. Une avarie de boîte de vitesses le relègue au cinquième rang, cependant que la sœur ennemie SARD prend le relais.
Le beau rêve durera jusqu’à 14 heures, Toyota semblant connaître comme Wollek une malédiction au Mans. La SARD stoppe face aux tribunes, en proie à des ennuis de sélection de vitesses. Krosnoff parviendra à la ramener au stand, mais les deux Dauer sont passées. La Toyota remontera en deuxième position, mais la victoire promise s’est envolée.
Yannick Dalmas – Mauro Baldi – Hurley Haywood s’imposent sur leur GT1 de grand luxe, la Dauer n°36. Suivent la Toyota-SARD, l’autre Dauer n°35 de Hans Stuck – Thierry Boutsen – Danny Sullivan, et la Toyota-Nisso.
Texte : Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre et Alain Jourdainne
Bibliographie :
Les 24 Heures du Mans 1994, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. IHM
3 commentaires pour "Le Mans 1994"
Superbe ce compte rendu …. Une très belle année pour les fans de GT avec toutes ces Ferrari, Porsche, Venturi, Corvette Callaway, Honda NSX, etc.
Et une 3e victoire de Dalmas… Ca fait du bien de se replonger en arrière comme cela… Merci …
Merci Guillaume!
pour Dalmas il s’agit de sa deuxième victoire
la troisième est pour 1995.
bravo pour ce nouveau commentaire. 1994 est souvent une édition oubliée car juste après les 905 et avec une baisse (délibérée) des performances. N’empêche, on retrouve comme vous le souligner la trame de l’organisation et du règlement actuels. On a retrouvé cette année là un beau plateau varié. Le retour de Bugatti qui n’a pas été loin de créer l’évènement en course, ou encore le retour quasi officiel de Ferrari avec la 348 GTC LM n°57 (tiens pas de photo ?)qui fut la première Ferrari à terminer classée au Mans depuis 1982. Continuez votre site est magnifique.
A vous !
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