17 et 18 juin 1995 : 63èmes 24 Heures du Mans
Sous la pluie, McLaren règne sans partage.
Les GT à la fête.
Dauer a fait école, McLaren investit la catégorie GT1 avec de solides ambitions. Sept F1 GTR sont engagées par des écuries clientes. Elles sont propulsées par un V12 BMW de 6 L.
Face à cette armada, pas de LMP1 mais des WSC, en petit nombre.
Courage engage deux nouvelles C41. Il espère avec ce modèle prendre pied sur le continent américain, et l’a donc équipé d’un V8 GM de 5 L. L’effectif de l’artisan manceau est complété par une classique C34 à moteur Porsche, plus éprouvée et sans doute mieux à même de briller au Mans.
Kremer persiste et signe, et aligne deux spyder K8 eux aussi motorisés par Porsche.
La présence dans ce groupe d’une Ferrari 333 SP est certes sympathique et emblématique, mais également symbolique.
WR avec autorité.
Les essais livrent un verdict étonnant. La première ligne est toute LMP2, toute WR. William David sur la n°9 a réalisé 3′46″05, devançant Patrick Gonin sur la n°9. Derrière ces lauréats-surprise, le seconde ligne est toute Courage.
La petite équipe WR nous a habitués au Mans à des performances flamboyantes mais sans lendemain. Or au terme de la première heure de course les résultats des essais sont brillamment confirmés, avec au commandement la n°9 de William David – Jean-Bernard Bouvet – Richard Balandras, suivie de la n°8 de Patrick Gonin – Pierre Petit – Marc Rostan. La démonstration sera finie une heure plus tard, mais comme elle aura été belle !
La récréation est terminée, les McLaren prennent le relais. Les plus en pointe en ce début de course sont la n°51 “Harrod’s” de Derek et Justin Bell, associés à Andy Wallace, et la n°49 confiée à Jochen Mass – Thomas Bscher – John Nielsen. Habituellement sponsorisée par les cigarettes WEST, cette voiture a dû se plier à la législation française, qui interdit toute publicité pour le tabac. Elle a donc choisi de porter les couleurs d’une chaîne de radio locale … WEST FM.
Et voici que la pluie vient gâcher la fête, provoquant de nombreuses “figures” sans gravité. Et Patrick Gonin va à nouveau faire parler de lui, mais cette fois il s’en serait bien passé. Victime d’aquaplaning au sortir de la courbe Dunlop, sa WR part en looping. Le temps de dégager et d’évacuer le pilote victime de plusieurs fractures, le pace-car neutralise la course trois quarts d’heure.
Pau après la reprise des hostilités, surpris par un autre concurrent, Mario Andretti perd le contrôle de la Courage n°13 qu’il partage avec Bob Wollek et Eric Hélary, et tape durement le rail. Une longue réparation plongera la voiture dans les tréfonds du classement. Encore raté pour Bob Wollek, et pour l’Américain qui espère toujours égaler Graham Hill en s’adjugeant Indianapolis, le championnat du monde de F1 et les 24Heures ?.. On peut le craindre.
A la mi-course, après maintes péripéties sur la piste glissante, la McLaren n°51 mène devant la n°49 “Ueno Clinic” de Yannick Dalmas – J.J. Lehto – Masanori Sekiya. Héroïque, la Courage n°13 est déjà remontée en troisième position, mais à quatre tours des leaders. La lutte fera rage entre les deux McLaren jusqu’à dimanche en début d’après-midi.
La n°51 doit alors affronter des problèmes de boîte de vitesses et d’embrayage, qui provoqueront plusieurs écarts de trajectoire. Or la concurrence est très pressante, la n°59 et la Courage sont en embuscade. Nettement plus à l’aise depuis que la pluie a cessé vers 10 heures, cette dernière réduit régulièrement son retard. Accablée de soucis mécaniques, la McLaren de la famille Bell devra se résoudre à les laisser passer l’une comme l’autre.
Lehto – Dalmas – Sekiya l’emportent donc. McLaren triomphe dès sa première participation, et Masanori Sekiya est le premier pilote japonais à inscrire son nom au palmarès du Mans. La Courage n°13 échoue à moins d’un tour, de quoi attiser encore les regrets d’Andretti pour son escapade hors-piste. Le prototype français est le seul “intrus” parmi les cinq premiers, où l’on dénombre quatre McLaren. Pour un coup d’essai, la marque a réussi un coup de maître.
Texte : Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre et Alain Jourdainne
Bibliographie :
Les 24 Heures du Mans 1995, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. IHM
3 commentaires pour "Le Mans 1995"
Quel bonheur en ce samedi après midi pluvieux que de se replonger 14 ans en arrière avec cette année 1995 qui restera comme une des plus belles éditions à ce jour pour moi….
Jolies photos pour agrémenter le tout… un régal !
bonjour, je recherche de la doc sur les venturi 43 et 45 du mans 95 ansi que la venturi jacadi 38 et la 31 de 94, et la maclaren grise de 95 egalement, pouvez vous m’aider?
merci d’avance
ben
COURAGE est passé tout près de la victoire en 95, et PESCA de même en 2005.Une victoire Française n’est désormais plus pour demain.
Pour vous consoler, je vous propose un livre sur le pilote Britannique John Woolfe, mort au Mans en…1969.
Tous les détails sur http://www.l-oree.org.
Amicalemans
Michel.
A vous !
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