17 et 18 juin 2000 : 68èmes 24 Heures du Mans
Pas de bug millénaire pour Audi … Mais un triplé.
Encore des retouches dans la réglementation.
La catégorie prototype comprend désormais trois subdivisions : LMP 900 pour les “gros” prototypes avec un poids minimal de 900 kg, LMP 675 avec un poids minimal de 675 kg, et LM-GTP pour les voitures à carrosserie fermée. La “petite classe” est censée permettre à de petites structures de s’exprimer en piste avec des prototypes moins sophistiqués et onéreux, mais néanmoins compétitifs.
Les grands constructeurs, si assidus au Mans depuis quelques années, se sont massivement désengagés : il n’en reste plus qu’Audi et un nouveau venu, Cadillac.
Au vu des résultats de l’année passée, Audi n’a guère eu de mal à faire son choix entre carrosserie ouverte et fermée. Audi Sport Team Joest engage trois R8 en LMP 900, dotées d’un moteur V8 biturbo de 3,6 L.
Cadillac vient pour sa part avec quatre Northstar LMP, conçues chez Riley & Scott et mues par un V8 biturbo de 4 L. Deux concourent sous la bannière de l’usine, les deux autres étant confiées à la structure française DAMS.
Face à ces deux poids lourds, Panoz entend confirmer sa montée en puissance. La marque aligne cins roadsters LMP-1, aux allures de Batmobile avec leur V8 atmo de 6 L monté en position centrale-avant. Deux d’entre elles sont engagées directement par le petit constructeur américain, trois par des clients.
A notre que la Courage n°16, engagée par Henri Pescarolo, est animée par un V6 biturbo de 3,2 L, développé par SODEMO sur une base Peugeot.
Audi de bout en bout.
Est-ce vraiment une surprise, les trois Audi R8 réalisent les trois meilleurs temps des essais, Allan McNish étant le plus véloce sur la n°2 en 3′36″124. Les Panoz s’accrochent, mais les Cadillac sont déjà manifestement hors du coup.
En tout début de course, les Panoz font illusion. La n°11 de David Brabham – Jan Magnussen – Mario Andretti mène la danse au terme de la première heure. A la fin de la deuxième, elle doit se contenter d’infiltrer le trio des Audi. Puis durant les vingt-deux heures suivantes, ce sera toujours Audi, trois fois. La seule angoissante question étant : laquelle des Audi va pointer en tête cette fois ?
Quelques aléas viennent cependant perturber la procession des Audi. Peu après 22h, on doit procéder à un changement de train arrière sur la n°9 de Laurent Aiello – Allan MacNish – Stéphane Ortelli qui perd le contact avec les deux leaders. Entre 2h et 3h, c’est au tour de la n°7 de Michele Alboreto – Christian Abt – Rinaldo Capello de changer sa boîte de vitesses. Tant et si bien qu’à mi-course, c’est la n°8 de Frank Biela – Tom Kristensen – Emmanuele Pirro qui mène, devant la 9 et la 7. Les jeux sont faits, l’ordre du tiercé de tête ne variera plus.
Au terme d’une course solide, la Courage-Peugeot n°16 de Sébastien Bourdais – Emmanuel Clérico – Olivier Grouillard parvient au pied du podium, s’affirmant comme le meilleur challenger des Audi.
Les Panoz réalisent une bonne performance d’ensemble, quatre sur cinq voient le drapeau à damiers, classées respectivement 5ème, 6ème, 8ème et 16ème.
Nous sommes au début d’un nouveau siècle, mais aussi d’une nouvelle ère. Qui pourrait prédire alors combien le redoutable tandem Kristensen – Audi va désespérer la concurrence, durant les années à venir …
Texte : Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre
Bibliographie :
Les 24 Heures du Mans 2000, C.Moity / J.M. Teissèdre, Ed. Chronosports GSN
O commentaire pour "Le Mans 2000"
A vous !
Pour ecrire un commentaire, remplissez simplement le formulaire ci-dessous et cliquez sur soumettre. L'administrateur de Lemans-photos.org valide les commentaires avant leur publication.