14 et 15 juin 1975 : 43èmes 24 Heures du Mans
La nouvelle réglementation ne séduit pas le public.
Ligier victime de Mirage …
Une édition peu attrayante ?
Choc pétrolier oblige, les organisateurs imposent cette année aux concurrents une consommation maximale de 40 L aux 100 km. Au risque de voir certaines voitures arrêtées prématurément à leur stand, avant de brûler leurs dernières gouttes d’essence pour boucler leur ultime tour.
De plus, les 24 Heures ne figurent plus au championnat du monde d’endurance.
De surcroît, aucun ténor n’est là pour attirer un public réticent. Les Mirage sont fidèles, de même que les Ligier. Deux de ces dernières – trahison ! – ont troqué leur moteur Maserati pour un classique V8 Cosworth. En l’absence d’une concurrence plus relevée, 1975 pourrait être la bonne année pour Guy Ligier.
Dans l’expectative face aux restrictions de carburant, Porsche n’a pas souhaité généraliser cette année l’expérience du turbo. Ce qui n’empêche pas de trouver au départ une armada de 27 représentantes de la marque.
Enfin, un peu de gaieté parmi cette morosité, Me Hervé Poulain, commissaire-priseur de son état, a demandé à Alexander Calder de décorer une BMW 3.0 CSL. Cette œuvre d’art roulante sera suivie de plusieurs autres, l’idée plaît et sera reconduite au fil des années avec différents artistes.
La brouille avec Luigi Chinetti provoque de la resquille !
Le patron du N.A.R.T. – et triple vainqueur de l’épreuve – a un gros litige avec les organisateurs, suite à la non-qualification de sa Dino 308 GT. Faute d’un accord, Chinetti retirera ses 4 voitures au tout dernier moment. Du coup, 3 suppléants seront repêchés et admis in extremis au départ.
Parmi une considérable pagaille, un concurrent équatorien non qualifié en profitera pour prendre subrepticement le départ. La Porsche Carrera n° 9 ne recevra le drapeau noir qu’après avoir bouclé trois tours !
Les Mirage ne laissent personne d’autre mener la course.
La n° 10 de Jean-Pierre Jaussaud – Vern Schuppan est en tête durant la première heure de course. La n° 11 de Jacky Ickx – Derek Bell durant les 23 suivantes !
La concurrence est accablée des ennuis les plus divers. Notamment le clan Ligier, qui sera mal récompensé de sa tactique prudente et attentiste. Après 14 heures de course, il ne reste plus qu’une seule des 3 JS2 engagées.
Pour ménager les blocs Cosworth, sujet à de terribles vibrations, les Mirage terminent la course au petit trot. La Ligier survivante, la n° 5 de Jean-Louis Lafosse – Guy Chasseuil, se livre à un baroud d’honneur qui enthousiasme le public clairsemé – les absents ont eu tort. Mais partie de trop loin, elle devra se contenter de la seconde place.
Que de Porsche …
Le seconde Mirage, celle de Jaussaud – Schuppan, pointe au troisième rang. Elle précède une barquette Porsche 908-4 motorisée par un 3 L turbo (Tiens, tiens !), et pilotée par Jurgen Barth, Mario Casoni et Reinhold Joest (Tiens, tiens !). Si elle n’avait pas été retardée par un accrochage, qui sait ce que cette voiture aurait pu réaliser … Porsche n’en restera manifestement pas là.
… D’autant que sur 30 concurrents classés, on dénombre 16 Porsche.
Texte et photos Alain Jourdainne
Bibliographie :
24 Heures du Mans 1923-1992, C.Moity / J.M. Teissèdre / A.Bienvenu, Ed. Barthélémy
Les 24 Heures du Mans 1923-1982, C.Moity / J.M. Teissèdre / D.Braillon / P.Moity, Ed. Publi-Inter
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