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Henri Pescarolo et le Mans - 7

Auteur : FRA le 14 décembre 2009
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Henri Pescarolo et les Vingt-quatre heures du Mans


7/8. Pescarolo, team-manager puis constructeur.


2000 : Le petit concurrent qui n’a pas peur des gros.

Désormais team-manager à part entière, Henri Pescarolo innove, en équipant son châssis Courage C52 d’un V6 Peugeot préparé par SODEMO. La carrosserie de la bête abandonne les couleurs typées “Courage” pour un vert ostensiblement “Pescarolo” – l’engagement est effectivement au nom de Pescarolo Sport.

Le trio de pilotes est constitué de Sébastien Bourdais, Olivier Grouillard et Emmanuel Clérico : deux vieilles connaissances et un jeune manceau prometteur, produit de “La Filière”. La Courage verte conclut ses essais au 17ème rang sur la grille de départ.

Et sa course sera quasiment parfaite. Deux prises d’échappatoire, une crevaison et le remplacement d’un basculeur de suspension seront les seuls aléas. Pour terminer en 4ème position au classement général, derrière trois Audi ! Pour son coup d’essai, Pescarolo Sport a réussi un coup de maître. Et l’équipe vert et bleu s’est d’ores et déjà assuré un petit coin privilégié dans le cœur des français amateurs d’endurance – et de défis un peu insensés.

Cette année voit également la seconde victoire d’un certain Tom Kristensen, qui débute là une incroyable série.

2001 : Deux Courage font moins bien qu’une

Pescarolo Sport passe à la vitesse supérieure, en alignant au départ deux Courage C60, toujours animées par le V6 Peugeot-SODEMO, très profondément remanié depuis l’an dernier. Les équipages sont Laurent Redon – Sébastien Bourdais – Jean-Christophe Boullion sur la n° 17, Emmanuel Clérico – Didier Cottaz – Boris Derichebourg sur la n° 18. Les six pilotes rendront un hommage “velu” à leur patron, en arborant tous pour la photo une superbe barbiche.

Les essais placent les Courage respectivement en 13ème et 20ème place sur la grille. Le départ est donné sous une météo incertaine, et l’équipe choisit les pneus “sec”. Et patatras ! Le déluge survient au quatrième tour. Un spectaculaire carambolage implique de nombreux protagonistes, dont la 18, au virage Porsche. De quoi plonger dans les profondeurs du classement.

Elle repartira vaillamment, jusqu’à 20h20 où Cottaz tape violemment. La carrosserie, mais surtout la transmission arrière gauche ont souffert. Des modifications apportées aux porte-moyeu interdisent de puiser dans le stock de pièces de rechange, et on renoncera à toute réparation. L’abandon n’étant jamais officiellement proclamé, la 18 sera mise hors-course pour distance parcourue insuffisante dimanche à midi.

Et la 17, pendant ce temps, que devient-elle ? Elle est la petite chanceuse, épargnée par les ennuis. Et à 13h45 elle figure à une belle 5ème place, derrière deux Audi, la Bentley et une Chrysler. Mais un piston crevé immobilise alors la Courage. Or au Mans, il importe avant tout de franchir la ligne d’arrivée après le vainqueur. L’équipe décide donc que la 17 attendra les ultimes minutes, pour tenter de boucler ce dernier tour qui lui permettra de figurer au classement. Elle restera 2h au stand, ce qui la fera rétrograder en 13ème position. Et Sébastien Bourdais lui fera boucler son ultime tour sur cinq cylindres, et sans dépasser 4000 t/min. Il devra de plus stopper juste avant la ligne, et attendre longuement l’arrivée des vainqueurs, dont le dernier tour s’éternise en show avec petits drapeaux et grands saluts à la foule. Mais l’essentiel est préservé, la voiture sera classée. Au 13ème rang, alors que la 5ème place était assurée, il y a de quoi rager.





2002 : Nouvelle désillusion

Toujours deux châssis Courage C60 pour l’équipe Pescarolo Sport. Deux ingénieurs de renom l’ont rejointe, André de Cortanze et Claude Galopin. Pas mal d’évolutions sur ces modèles 2002, toujours animés par le V6 Peugeot-SODEMO. La carrosserie, plus arrondie, a été entièrement redessinée – mais n’a hélas pas subi de validation en soufflerie. Elles disposent également d’un changement de vitesses pneumatique au volant.

La 17 est confiée à Jean-Christophe « Jules » Boullion – Frank Lagorce – Sébastien Bourdais, la 18 à Eric Hélary – Ukyo Katayama – Stéphane Ortelli. Mais les essais mettent en évidence un grave déficit de vitesse de pointe sur les nouveautés, qui se retrouvent groupées en 18ème et 19ème position sur la grille de départ.

Heureusement, la course débute sous de meilleures auspices, et les C60 vont bientôt se regrouper aux alentours de la 10ème place. Il leur sera difficile de titiller les leaders, mais avec une bonne fiabilité, tout est possible au Mans.

Hélas, cette fameuse fiabilité va faire cruellement défaut. Vers 23h, des soucis de fond plat font perdre une heure à la 17, qui plonge de la 8ème à la 26ème place. Du coup la 18 prend le relais en tant que meilleure représentante de l’écurie, au 10ème rang. Hélas, à 1h50, une grosse fuite d’huile fusille le moteur – et provoque la sortie des pace-car. (On diagnostiquera plus tard une défaillance du pignon entraînant la distribution). Il ne reste plus qu’une voiture pour porter les espoirs de l’équipe.

Elle s’acquittera vaillamment de la tâche, remontant régulièrement jusqu’à la 10ème place finale. Loin de ses espérances initiales, est-il besoin de le préciser. Pescarolo Sport a-t-il vraiment la carrure pour lutter contre des ogres comme Audi, et plus généralement les grands constructeurs impliqués au Mans ?





2003 : Pas de gros ennuis, mais trop de petits

Pas d’évolution majeure sur les C60 de Pescarolo Sport, qui ont subi courant avril un test d’endurance à Magny-Cours. Leur aérodynamique a été soigneusement affinée sur les directives d’André de Cortanze. Un gros sponsor, Playstation, fait son apparition sur leurs flancs.

On trouve au volant de la 17 Jean-Christophe Boullion – Frank Lagorce – Stéphane Sarrazin, et sur la 18 Eric Hélary – Soheil Ayari – Nicolas Minassian. Les essais sont satisfaisants, et Henri Pescarolo ne lancera pas ses voitures dans une course au chrono : elles réaliseront les 11ème et 13ème meilleurs temps.

La course débute bien pour Pescarolo. La 17 pointe au 7ème rang, mais à 18h50 on doit procéder au changement d’un étrier de frein avant, ce qui lui coûte dix bonnes minutes. Bridées en performance, les vertes doivent se contenter de suivre à distance le peloton des meilleures. Peu avant midi la 18, alors la mieux placée, perdra vingt minutes sur un problème de fusée à l’avant gauche. Conséquence, elle rétrograde de deux places au général.

Chacune ayant connu son lot d’ennuis, les Pescarolo termineront en formation en 8ème et 9ème position, derrière la Courage C60 JPX engagée par Courage Compétition.

2004 : Le Judd et la consécration

Sensation cette année, Pescarolo Sport aligne au départ deux châssis … Pescarolo. La coque n’ayant pas été modifiée, elles portent toujours la dénomination “C60” de la Courage dont elles dérivent. Mais le V6 d’origine Peugeot cède sa place à un V10 Judd GV5 d’une cylindrée de 5 L, une référence en endurance. Avec ce package, Henri Pescarolo entend clairement s’attaquer à Audi. Pour ce faire, il s’en remet à Sébastien Bourdais – Emmanuel Collard – Nicolas Minassian sur la 17, Soheil Ayari – Erik Comas – Benoît Tréluyer sur la 18.

Aux essais, Bourdais signe un 5ème chrono absolu qui en dit long sur les performances de la nouvelle venue. Mais son début de course va être chaotique. Après une crevaison, Bourdais stoppe suite à un problème moteur qui ne sera diagnostiqué qu’au terme de deux longs arrêts : fil d’alimentation d’un injecteur cassé. Après deux heures de course, la 17 est 44ème !

Pendant ce temps la 18 va même pointer, au gré des faits de course, en seconde position. Elle occupe longuement la 3ème place.

Après être remontée 7ème, la 17 va connaître de nouveaux déboires : vers 22h20, une réparation d’alternateur lui coûte un quart d’heure, puis une excursion hors-piste de Bourdais à Mulsanne va alourdir l’ardoise d’un nouveau quart d’heure. Une dizaine de places perdues. Cependant la 18, en pleine forme, a infiltré le trio des Audi en tête de la course.

Chaque incident contraint à cravacher pour tenter de rattraper le temps perdu. Peut-être énervé par tous les soucis de sa monture, Bourdais fait un peu de ménage sur la piste en sortant la Dallara de Martin Short à 6h55, dans les S du Tertre Rouge. Ce contact ne compromet pas leur remontée au 6ème rang.

Et manque de chance, la meilleure Pescarolo va à son tour connaître une cascade d’ennuis : un changement de courroie d’alternateur, deux bacs à gravier, un changement de capot puis un problème de phare sur le nouveau capot permettent à l’Audi n° 2 de lui subtiliser avant 10h la dernière marche du podium.

Et à 11h25, Sébastien Bourdais connaît l’ultime – et fatal – tourment d’un week-end à oublier. Il stoppe sur les Hunaudières, moteur out, alors que la 17 était remontée 5ème malgré tous ses soucis. C’est perdu pour le beau résultat d’ensemble, reste à Pescarolo Sport la joie d’une 4ème place, et le titre de meilleur des non-Audi. Ce qui n’est pas un mince exploit, quand on connaît la valeur des prototypes allemands.



Texte: Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre

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1 commentaire pour "Henri Pescarolo et le Mans - 7"

christophe (nutoki) 15 décembre 2009 (#)

C’est encore avec un grand plaisir que je viens de lire
le suite de ton theme Pescarolo.
Simplement superbe.
A quand un ouvrage?

A vous !

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