Le Mans Classic 2010: Les anciennes et les modernes 2/2 Sommaire de l’article -1950 : Cadillac, le luxe à l’américaine -1949 à 1964 : René Bonnet, allez France ! -Une fois, pas plus ! -Vues, mais pas prises ! 1950 : Cadillac, la ...
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Le Mans Classic 2010: Les anciennes et les modernes 2/2 Sommaire de l’article -1950 : Cadillac, le luxe à l’américaine -1949 à 1964 : René Bonnet, allez France ! -Une fois, pas plus ! -Vues, mais pas prises ! 1950 : Cadillac, la ...
Lire la suite »Désormais répertoriées C60H – H pour hybride, qui qualifie des voitures intermédiaires entre l’ancienne réglementation LMP900 et la nouvelle LMP1 – les deux Pescarolo ont subi durant l’intersaison une foule de modifications, tant mécaniques qu’aérodynamiques, avec des tests à haute vitesse souvent assurés par le boss en personne.
Playstation et “Gran Turismo 4” sont les principaux sponsors. Une Pescarolo est d’ailleurs dissimulée dans le mythique jeu de simulation automobile, à un niveau trop élevé pour mes maigres compétences – ne pas avoir pu prendre son volant restera pour moi un lourd regret. Mais laissons cela de côté …
La 16 est dévolue à Jean-Christophe Boullion – Emmanuel Collard – Erik Comas, et la 17 à Soheil Ayari – Eric Hélary – Sébastien Loeb. Le champion du monde des rallyes vient en effet se frotter à l’endurance !
Feu d’artifice aux essais, où les Pescarolo affichent leurs ambitions en monopolisant la première ligne, à la barbe (!) des Audi. C’est Collard qui signe la pole-position.
Au terme de la première heure de course, la 16 précède la 17 en haut du classement. Les Pescarolo se savent désavantagées par rapport aux Audi, qui peuvent couvrir un tour de plus entre deux ravitaillements, et doivent creuser l’écart.
Mais l’euphorie ne durera pas trois heures. A 17h40, Ayari accroche à Arnage la Panoz de Patrick Bourdais. Changement de capot, réparation d’une biellette de direction, la 17 se retrouve 7ème. Et à 18h30 c’est la voiture alors en tête qui va perdre une demi-heure dans le remplacement du barillet de la crémaillère qui commande la boîte. Le ci-devant leader se retrouve 14ème. C’est d’autant plus rageant que la suite de sa course sera sans incident notable.
La 17 est entre-temps remontée en 5ème position, mais une crevaison va contrarier son avance. Et plus grave, juste avant minuit Ayari – un peu “chiffon” cette année ? – va accrocher la Dallara n° 8, avec à la clé un changement du fond plat, du capot de l’aileron, et de nombreuses vérifications, le tout pour un total d’une demi-heure. La 17 y perd neuf places.
La 16 est cependant revenue 5ème, et sa cadence lui permet d’espérer reprendre la tête de la course avant la fin des deux tours d’horloge. En théorie, et si tout se passe bien.
A 11h30, nouvelle alerte : Ayari (!) a heurté le mur de pneus à la chicane Playstation (!!). La 17, alors 5ème, rentrera cahin-caha au stand, où son abandon sera proclamé. Et constatant que la remontée de la 16 stagne, Henri décide sagement de ne pas risquer de tout perdre en conservant une allure trop soutenue – tant pour la mécanique trop sollicitée que pour les pilotes, plus à même de commettre des fautes lorsqu’ils alignent des tours “qualif”.
La Pescarolo n° 16 termine donc brillante seconde, derrière l’Audi n° 3. A deux tours. Soit bien moins que la distance qui aurait été couverte pendant le remplacement de ce maudit barillet de commande de boîte. Si seulement …
Pescarolo Sport se consolera en remportant de haute lutte le championnat Le Mans Series.
Audi a senti l’an dernier le vent du boulet, et sa contre-attaque ne peut que laisser les “petits” concurrents impuissants : Les nouvelles Audi R10 sont mues pas un V10 diesel turbocompressé. Peugeot en reste également baba, eux qui comptaient bien être les premiers (mais en 2007) à aligner au départ des Vingt-quatre heures des motorisations diesel.
Les Pescarolo C60 utilisent toujours le V10 Judd 5 L, mais dans sa définition allégée, et moins gourmande en carburant. L’aérodynamique a été également optimisée. La 16 est confiée à Emmanuel Collard – Erik Comas et Nicolas Minassian, qui remplace au pied levé Jean-Christophe Boullion, victime d’un malencontreux accident domestique. La 17 revient pour sa part à Franck Montagny – Eric Hélary et Sébastien Loeb, décidément conquis par l’endurance.
Aux essais, la manœuvre (déloyale) d’Audi porte ses fruits, et la première ligne est entièrement diesel, devant une seconde ligne entièrement Pescarolo. Le ton est donné. Pour la course également, où un V10 Audi occupera toujours le commandement. La meilleure essence – une Pescarolo, bien sûr – ne pouvant faire mieux que seconde.
Les Audi tournent plus vite, et ravitaillent moins souvent. Mission apparemment impossible pour les vertes, à moins que la fiabilité ne fasse défaut chez Audi, qui inaugure ici une technologie entièrement nouvelle. Auquel cas la course ne se résumera pas à une procession d’Audi devant des Pescarolo.
Cet espoir prend forme vers 20h30 : il faut remplacer la rampe droite du système d’injection sur la R10 n° 7, ce qui coûte vingt minutes et la relègue en 13ème position. La 17 est seconde, elle le restera, malgré le retour offensif de l’Audi. Le tiercé de tête devient Audi – Pescarolo – Pescarolo. Du grand art pour la petite équipe mancelle !
Hélas, à 22h30, d’interminables problèmes de faisceau électrique vont affecter la 16, qui plonge tout en fin de classement. Le couteau entre les dents, ses pilotes la ramèneront en 5ème position, mais trop tard pour pouvoir menacer la … Corvette qui la précède au classement. Plaçant ses deux voitures à l’arrivée, aux 2ème et 5ème rang, l’équipe Pescarolo s’affirme comme la meilleure, derrière Audi décidément intouchable.
Ce verdict est confirmé par la saison Le Mans Series, où Pescarolo Sport, à nouveau champion, réalise le grand chelem.
Un concurrent motorisé en diesel, c’est beaucoup, deux, c’est vraiment trop ! Peugeot est là, comme prévu, avec des 908 équipées comme les Audi de V10 diesel turbo.
Pour résister, Pescarolo s’en remet à son premier châssis “maison”. Exit les coques C60 d’origine Courage, voici une toute nouvelle monocoque, habillée d’une carrosserie entièrement nouvelle elle aussi. Le tout est conforme à la nouvelle réglementation, qui bannit désormais les hybrides. Et pour animer le tout, on trouve un V10 Judd de 5,5 L de cylindrée, le GV 5.5 S2. Emmanuel Collard – Jean-Christophe Boullion – Romain Dumas se partagent la 16, Christophe Tinseau – Benoît Tréluyer – Harold Primat la 17.
Et ce n’est pas tout ! L’excellence des productions Pescarolo a séduit deux clients. Rollcentre Racing aligne une LMP1 équipée (comme les voitures officielles) d’un V10 Judd 5,5 L, Kruse Motorsport présentant pour sa part une LMP2 à V8 Judd 3,4 L.
Au terme des essais, la meilleure Pescarolo n’a pu faire mieux que le 6ème temps, derrière les trois Audi et les deux Peugeot. C’est hélas prémonitoire.
Et la course ne se déroulera pas sans anicroches. Bien partie, la 17 va plonger au fin fond du classement après avoir perdu 1h30 dans une intervention sur la pompe de vidange du carter, très difficilement accessible. Puis à 6h14, émotion pour la 16, lorsque Emmanuel Collard tape à la chicane Michelin. La 908 n° 8 en profite pour lui chiper la 4ème place.
A 7h30, lorsque Rinaldo Capello sort son Audi à Indianapolis, la 16 remonte au 4ème rang. Et à 13h30 c’est la casse moteur de la Peugeot n° 7 qui lui offre la 3ème place. Y aurait-il une morale à voir la chance favoriser David face à Goliath ?
Belle 3ème place donc pour la 16, devant la 18 du Rollcentre Racing, qui ne regrette certainement pas son investissement. Une Audi et une Peugeot les précèdent. La 17 termine pour sa part 13ème, et la LMP2 du Kruse Motorsport n’a pas été bien loin, en délicatesse avec sa mécanique.
Tant comme concurrent que comme constructeur, Henri Pescarolo peut être fier de ce résultat.
L’automne 2007 a vu la naissance de Pescarolo Automobiles, une nouvelle entité avec des ambitions plus larges, industrielles, sportives et pédagogiques. Elle est née du rapprochement de Jacques Nicolet avec Henri Pescarolo. Quant à Pescarolo Sport, il aligne à nouveau deux LMP1 bénéficiant d’une aérodynamique optimisée, et fidèles au V10 Judd 5,5 L. Le bleu clair devient la couleur dominante de leur livrée. Comme l’an dernier, la 16 est pour Emmanuel Collard – Jean-Christophe Boullion – Romain Dumas, et la 17 pour Christophe Tinseau – Benoît Tréluyer – Harold Primat.
Saulnier Racing engage deux Pescarolo, une LMP1 et une LMP2, et Rollcentre Racing une LMP1.
Malgré ce succès commercial, il ne faut pas se voiler la face : la menace ne se résume plus aux diesel Audi et Peugeot, de nouveaux concurrents aux dents longues arrivent parmi le peloton des “essence”. Notamment les “Coupés” de nouvelle génération, Dome et Lola (ce dernier motorisé par Aston-Martin). Et les plus classiques Courage, équipe rachetée par ORECA.
Lors des essais, surpris par de l’huile sur la piste, Romain Dumas sort violemment la 16 au virage Porsche. Elle sera réparée à temps pour la course, mais par prudence Henri interrompra la chasse au chrono, et chez Pescarolo Sport on se contentera de roder les mécaniques de course.
La course est entamée sur un bon rythme, mais vers 18h un changement du calculateur électronique fera perdre une heure et pas mal d’espoirs à la 16. A 6h20, alors qu’elle est remontée au 8ème rang, son moteur la lâchera définitivement.
Au terme des vingt-quatre heures, la 17 termine 7ème, avec le grade honorifique de meilleure “essence”. La Rollcentre est 11ème, la Saulnier LMP1 26ème. Belle satisfaction en LMP2 pour la Saulnier n° 35, qui termine 18ème au général mais 3ème de son groupe, derrière les inaccessibles Porsche RS Spyder.
Derrière ce nouveau bon résultat d’ensemble, il se profile des heures difficiles pour les “petits” constructeurs, qui ne pourront bénéficier de l’appui bienveillant d’un “grand”. Malgré l’immense capital de sympathie dont il bénéficie, Henri Pescarolo voit là se profiler un nouveau défi, aussi politique que sportif.
L’équivalence essence-diesel a été timidement retouchée, pas suffisamment pour modifier la donne. En plein duel Audi - Peugeot pour la victoire au Mans, que peuvent dès lors espérer les protos “essence” ? Une septième place derrière six diesel fiables et supérieurs en performance ? La crise prévue est bel et bien là.
Et pour rendre encore plus difficile la vie des “petits constructeurs”, voilà Aston-Martin qui reprend à son compte trois Lola Coupé, dérivées de celle qui a si bien fonctionné l’an passé avec son gros V12 6 L essence. Alors, une dixième place pour la meilleure Pescarolo ?
L’équipe a pourtant développé une nouvelle barquette 01E toujours animée par le V10 Judd. Mais contrairement aux habitudes, elle sera seule au départ. Car le scoop est tombé au printemps : Peugeot confie une 908 HDI FAP à Pescarolo Compétition ! Cette belle reconnaissance de leur savoir-faire permet aux vert et bleu de nourrir de toutes autres ambitions. Et de convertir le boss aux charmes du mazout ? Allez savoir …
La Peugeot-Pesca effectue un très beau début de course, seulement entaché par un stupide accrochage avec une des 908 officielles, trop hâtivement libérée au terme d’un ravitaillement. Elle occupe une 4ème place bien méritée au petit matin, lorsque Benoît Tréluyer sort violemment de la piste au Tertre Rouge. S’agit-il d’une séquelle du choc qu’on a cru bénin, mais qui a nécessité une intervention sur la lame avant ?..
Et la LMP1 ”maison” perdra la 5ème place dimanche, dans des ennuis de disque de freins. Elle se classe finalement 8ème, et cette année sans le moindre titre honorifique à faire valoir. La meilleure essence est sans surprise une Lola Aston-Martin, 4ème au scratch. Et le meilleur “artisan essence”, quel est-il ?.. La main passe, il s’agit d’une Oreca ex-Courage, 5ème.
Même si l’équipe n’a pas démérité, loin s’en faut, la déconvenue est à la hauteur des espoirs entrevus avant la course.
La marque est également représentée en LMP2 par son fidèle client Saulnier Racing, devenu OAK Racing. Il aligne deux Pescarolo 02E mues par un moteur Mazda. Même si ce moteur n’a pas vraiment fait ses preuves, le partenariat avec un grand constructeur est souvent profitable. Et l’une des Pescarolo-Mazda connaît les joies du podium, en finissant 3ème de sa catégorie, derrière une Porsche RS Spyder et une Lola coupé – que du beau monde. Voilà une jolie consolation aux déboires de la “maison-mère” …
Votre nom occupe une place de choix dans le grand livre des Vingt-quatre heures. Après tous ces succès glanés au volant des plus beaux prototypes, puissiez-vous concrétiser votre rêve par une nouvelle victoire en tant que constructeur.
Texte: Alain Jourdainne
Photos: François-René Alexandre
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