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LMC 2010: Les anciennes et les modernes 1/2

Auteur : Alain le 21 août 2010
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Le Mans Classic 2010: Les anciennes et les modernes 1/2


Sommaire de l’article



-1923 : Chenard & Walcker, la “First Lady”
-1932 à 1972 : Citroën, un essai loin d’être transformé
-1938 à 1950 : Les petites françaises populaires en piste
-1950 à 1993 : Allard, le retour perdant…




Chenard & Walcker 1923, la “First Lady”


La première dame, la première des triomphatrices sur le circuit du Mans !

Pour la toute première édition des 24 Heures du Mans, le circuit mesure 17,252 km, et s’enfonce dans les faubourgs de la ville jusqu’à Pontlieue.
Les concurrents doivent piloter des voitures conformes au catalogue d’un constructeur.
Disputée les 26 et 27 mai 1923, cette première édition sera perturbée par une météo épouvantable, avec pluie et grêle ravinant les routes où l’asphalte reste pour l’instant inconnu.
Le départ est donné non pas en épi, selon la célèbre procédure “Le Mans”, mais en ligne, avec deux files de concurrents.

La Chenard & Walcker victorieuse, confiée à André Lagache et René Léonard, a parcouru 2209,536 km à la moyenne de 92,064 km/h. Son moteur est un 4 cylindres de 3 litres. Un succès totalement franco-français, agrémenté d’un doublé de la marque.

Pour un total de 33 partants, on ne dénombre pas moins de 30 concurrents classés. Un tel record reste à battre.

Les exploits de cette vénérable ancêtre sont bien éloignés de notre période de référence débutant en 1962, mais j’ai éprouvé une réelle émotion à voir la vieille dame négocier les virages en soignant ses trajectoires, sans se soucier de l’âge de ses artères. Et réaccélérer gaillardement - même si sa manière de grimper les côtes n’est plus vraiment “actuelle”.
Merci à Messieurs Detroyes, Huyghes et Despointes de perpétrer ainsi la légende.


Citroen 1932 - 1972


Citroen, une relation tumultueuse avec les 24 Heures…



En 1932, les 24 Heures inaugurent le tracé de 13,492 km via le “Tertre Rouge”, tracé qui perdurera, moyennant des adaptations plus ou moins importantes, jusqu’à nos jours - exit le détour par la banlieue mancelle.

Parmi les 26 concurrents, on trouve une Citroën. La célèbre marque française n’a, curieusement, jamais encore figuré sur les tablettes de la grande course d’endurance. Le roadster C4 n°19, aligné par Henri de la Sayette et Charles Wolf, n’a rien d’une voiture d’usine. Et son 4 cylindres de 1,5 L ne rugira pas longtemps en piste : dès son troisième tour, la magnéto rend l’âme, et c’en est fini de l’expérience Citroën. Une expérience si discrète que la présence effective de la Citroën cette année-là fera l’objet d’une interminable controverse.

Ce fiasco n’a semble-t-il pas contribué à créer des vocations. Car on ne reparlera pas de Citroën aux 24 Heures avant… 1972.
Sur la liste des invités aux 24 Heures figurent deux Citroën SM. Inscrites respectivement par Claude Laurent et par la célèbre A.G.A.C.I. (Association Générale Automobile des Coureurs Indépendants, ou Association française des coureurs en automobile).
Le défi semble audacieux, voire déraisonnable. Même si leur V6 Maserati subit la même préparation que celui des Ligier JS2, on voit mal ces lourdes berlines se qualifier.

Pour ne rien arranger, les SM brillent par leur absence lors des essais d’avril. Sur les deux pressenties, une seule pointera son museau chromé la semaine de la course. Confiée à Guy Verrier et Gérard Foucault, comme prévu elle ne parviendra pas à se qualifier.

…Mais nous n’en avons pas fini avec les Citroën SM de 1972.
On en verra un véritable essaim sur la piste mancelle le jour de la course. Georges Pompidou, Président de la république, honore en effet les 24 Heures de sa présence – il a tenu à manifester ainsi son appui au sport automobile français en général, et à Jean-Luc Lagardère en particulier. Ce dernier s’est promis d’imposer sa marque Matra au Mans, ce qui sera d’ailleurs chose faite vingt-quatre heures plus tard.
Le samedi, la SM décapotable présidentielle bouclera un tour de circuit peu avant le départ, escortée de quatre SM standard.
Malgré leur nombre, ces Citroën tourneront encore bien moins vite que celle qui a tenté sa chance aux essais. Aucune ne se qualifiera.

A la belle époque…




Et plus près de nous…


Simca, Renault… avant et après guerre


On ne voit pas que des prototypes sur la piste mancelle…

Avant guerre, en 1938 et 1939, on a vu de nombreuses Simca 8 s’aligner aux 24 Heures. Une des petites berlines populaires de Poissy, engagée par Amédée Gordini, le “sorcier”, se classera 10ème en 1939.

Après la longue et douloureuse parenthèse du conflit mondial, on reverra des Simca 8 au Mans, mais dotées de carrosseries plus élaborées que leurs lointaines devancières.
A cette époque, on a pu voir aux 24 Heures un échantillonnage important de productions françaises, dont les versions originales n’avaient pas grand-chose de sportif. Dyna Panhard, 203 Peugeot (améliorées par Constantin), et bien évidemment la célèbre 4 CV Renault.
Entre 1949 et 1954, pas moins de 24 “quatre pattes” vinrent dans la Sarthe défendre l’honneur de Billancourt - et accessoirement de l’usine soeur du Mans, même si elles n’y étaient pas produites.
Le meilleur classement à l’actif des petites françaises fut une 15ème place en 1952.

La même année, un certain Jean Rédélé se classait 17ème, lui aussi sur une 4 CV. Il fondera bientôt sa marque Alpine, qui conservera toujours des liens privilégiés avec Renault. Lorsque la régie s’imposera au général en 1978, ses protos jaunes arboreront fièrement leur identité de “Renault Alpine”, le géant rendant un hommage mérité à la petite marque dieppoise.
Un bienfait n’est jamais perdu… Mais ceci est un autre sujet que les vaillantes 4 CV des années 50.

en 1938 et 1939, les Simca 8…




et dans les années 50, les 4 CV Renault




Allard, le retour perdant…


Allard : Du meilleur au pire…



En 1950, Sidney Allard engage une J2 à moteur V8 Cadillac de 5,4 L. Et au terme des 24 Heures, la débutante s’adjuge une remarquable 3ème place.
La marque reviendra dans la Sarthe de 1951 à 1953, sans plus jamais recevoir le drapeau à damiers.

Il faudra attendre quarante ans pour entendre à nouveau parler d’Allard au Mans.
En 1993, un groupe d’hommes d’affaires a décidé de redonner vie à la marque. Et de créer un prototype futuriste, qui allait rendre obsolète tous ses concurrents.
L’Allard J2X, équipée d’un moteur 3,5 L, surprenait par ses formes déconcertantes, résultat d’une exploitation maximale du règlement. Et on doit admettre maintenant que sa ligne avait plusieurs longueurs d’avance, car elle préfigurait les prototypes modernes.
Hélas, un seul exemplaire sera construit, et faute de financement il ne pourra réaliser en 1992 que quelques essais où Johnny Dumfries et Costas Los n’affolèrent pas les chronomètres.
L’Allard sera donc vendue aux enchères, et rachetée par Richard Lamplough et Jean-Louis Ricci, un habitué du Mans.
Hélas, le sort s’acharne sur la révolutionnaire J2X, et une mésentente éclate rapidement entre Ricci et Lamplough. Ce dernier pilote seul la bête aux essais préliminaires 1993, où il doit se contenter d’un très modeste 4′30″90.

Quiconque a vu tourner l’étrange objet noir, en cette unique occasion, n’a pu s’empêcher de penser que l’avenir était en marche. Mais il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt.
Et un forfait inévitable coupe court à la carrière mort-née de l’Allard J2X.

J’aurais tant aimé croire à cette renaissance… Mais il faut admettre que la marque Allard n’aurait dû venir qu’une seule et unique fois au Mans. La première.

en 1950, l’Allard J2:




et en 1993, le proto futuriste qui manquera son rendez-vous avec l’histoire:


Texte et photos: Alain Jourdainne - www.endurance-photos.org

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1 commentaire pour "LMC 2010: Les anciennes et les modernes 1/2"

Racing360 21 août 2010 (#)

Toujours aussi passionnants à lire les articles sur endurance-photos ! Hop : je partage sur twitter ;)

A vous !

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